Pourquoi un programme de dépistage organisé des cancers du sein ? :
Le cancer du sein est une affection fréquente et grave.
Le cancer du sein est la première cause de cancers chez la femme avec 42 000 nouveaux cas (36% des cancers féminins) et 11 640 décès (20% des décès par cancers chez la femme) en 2000. Son incidence croit significativement après la ménopause. Les nouveaux cas de cancers du sein ont augmenté de 100% en 20 ans (1978-2000), expliquant à eux-seuls 63% de l’augmentation globale de l’incidence des cancers.
La phase pré-clinique de la maladie est suffisamment longue, de 2 à 3 ans, pendant laquelle la mammographie permet d’identifier des lésions suspectes de cancer.
Des moyens diagnostiques et thérapeutiques sont disponibles, permettant une augmentation significative des taux de survie des femmes. La survie dépend de différents facteurs pronostiques comme l’atteinte ganglionnaire, la taille tumorale, le grade et le type histologiques, les récepteurs hormonaux, l’âge, le statut hormonal et la précocité du traitement.Haut de page
Il existe un examen de dépistage à un stade précoce.
La mammographie de dépistage permet d’identifier parmi les femmes a priori en bonne santé, celles qui présentent un cancer à un stade cliniquement inapparent. L’examen de dépistage est performant s’il est réalisé sous certaines conditions, comme le moment d’application de l’examen dans le développement de la maladie et les critères de l’assurance qualité.
La mammographie de dépistage est un examen performant, suffisamment sensible et spécifique.
La sensibilité se situe entre 89% et 93%, et la spécificité entre 95% et 96%. En d’autres termes, la mammographie de dépistage permet d’identifier environ 90% des femmes présentant un cancer du sein, avec seulement 5% de résultats faussement positifs.
Les procédures d’assurance qualité comprennent la formation spécifiques des radiologues et des manipulateurs, le contrôle tous les 6 mois de tous les éléments de la chaîne mammographique (mammographe, ensemble cassette-écran-film, système de développement des films, matériel de lecture…), la qualité de l’interprétation avec une relecture systématique de tous les clichés considérés comme normaux, et un recours à un troisième lecteur expert en cas de divergence.
Enfin, l’évaluation des résultats du dépistage organisé permet de mesurer le niveau atteint des indicateurs de qualité et d’efficacité.
La mammographie de dépistage, simple à effectuer, est bien acceptée.
La simplicité de la mammographie de dépistage lui donne une bonne acceptabilité et une bonne tolérance, ce qui facilite sa répétition à intervalles réguliers. Cependant, une certaine anxiété peut être liée à la peur du résultat ou de la douleur lors de la compression. Une information claire et une explication sur l’examen, les résultats et les bénéfices attendus peuvent aider à surmonter ces difficultés.
La mammographie de dépistage peut être facilement répétée à intervalles réguliers.
L’anxiété peut être plus facile à surmonter une fois que l’examen a déjà été expérimenté.
Le rythme actuellement préconisé pour le dépistage du cancer du sein en France est fixé à 2 ans. Il est recommandé de ne pas dépasser 3 ans.Haut de page
L’efficacité des programmes de dépistage organisé : la réduction de la mortalité et la réduction des traitements lourds.
L’analyse de plusieurs programmes de dépistage organisé des cancers du sein converge vers un résultat : la réduction significative de la mortalité par cancer du sein chez la femme de 50 à 69 ans, quand on propose un dépistage de bonne qualité. Cette réduction était de 20% à 40% en référence aux essais contrôlés réalisés il y a quelques années. En France, la réduction attendue est de moindre importance de l’ordre du 15 à 20%.
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Chiffres clésOn constate une augmentation des cancers in situ et des cancers invasifs de petite taille favorisant ainsi les traitements conservateurs sans chimiothérapie.
Les bénéfices du dépistage compensent les inconvénients engendrés par :
- les faux négatifs : la mammographie ne détecte pas tous les cancers au moment où elle est pratiquée, d’autant plus si ces derniers sont très peu développés ;
- les faux positifs : après un dépistage par mammographie, chez environ 7% des femmes des investigations complémentaires sont recommandées, alors que seule une très petite proportion d’entre elles a effectivement un cancer (5 à 7 cas pour mille femmes dépistées). La comparaison avec les mammographies antérieures et successives permet de réduire à environ 5% les femmes chez qui ces investigations sont demandées.Haut de page
Les bénéfices du programme compensent les coûts
La généralisation du dépistage organisé du cancer du sein en France en 2002 est l’expression d’une politique de santé où les bénéfices en termes d’années de vie gagnées et de qualité de vie sont considérés comme supérieurs aux coûts globaux (financiers, économiques, sociaux, psychologiques, familiaux…).
Plus la participation au dépistage organisé est élevée, plus les bénéfices sont importants et moins les coûts par femme invitée, par femme dépistée et par cancer détecté sont réduits, à condition que les procédures de qualité soient bien respectées pour réduire au mieux les inconvénients (faux positifs, faux négatifs).
Faciliter l’accès au dépistage organisé des femmes améliore leur participation au dispositif. Ainsi, la gratuité du dépistage et l’envoi systématique et réguliers des invitations sont des facteurs d’incitation à passer et renouveler la mammographie.
L’engagement des partenaires garantit la pérennité de l’action de santé et la répétition des dépistages à intervalles réguliers. Cette régularité est garantie par l’implication des professionnels et l’engagement financier des institutions et des autres partenaires du programme. Le bénéfice social et économique est d’autant plus grand que le programme est pérennisé.
L’information et l’éducation pour la santé contribuent à augmenter la participation au dépistage. L’Ardepass a recruté des visiteurs de santé publique qui rencontrent les professionnels de santé, les travailleurs sociaux et les associations en contact avec les femmes concernées pour que ces derniers les aident à surmonter les obstacles humains, psychologiques, socioculturels à la démarche de dépistage.Haut de page
