Les facteurs de risque du cancer du sein :
Le sexe féminin est typiquement plus à risque :
On observait en moyenne 131 décès masculins par an contre 10 078 décès féminins entre 1986 et 1993 en France.
Le risque augmente linéairement avec l’âge :
La plupart des études montrent que 75% des cancers du sein surviennent chez les femmes de 50 ans et plus. De même la mortalité augmente avec l’âge.
Le risque génétique :
Le risque familial est l’un des facteurs de risque le plus anciennement connu. Une femme vivant dans une famille à risque génétique a une probabilité de développer un cancer du sein de 80%, contre 10% dans la population générale. Cependant, le risque génétique ne représente que 5 à 10% de l’ensemble des cancers du sein. Les gènes responsables sont nommées BRCA1 et BRCA2.
Un risque de transmission génétique est évoqué lorsque la patiente présente l’un de ces trois critères :
- Au moins 3 sujets atteints du cancer du sein et/ou de l’ovaire chez les apparentés du premier ou du deuxième degré, dans la même branche parentale ;
- Ou, 2 cas de cancer du sein, chez des apparentés du premier degré, si l’un des deux est diagnostiqué avant 40 ans ou est bilatéral, ou 1 cas de cancer du sein + ovaire ou 2 cas de cancers de l’ovaire (quel que soit l’âge) ;
- Ou, des cancers du sein précoces, des tumeurs primitives multiples ou un cancer du sein chez l’homme.Haut de page
Le risque hormonal :
Les facteurs endogènes : schématiquement, les oestrogènes favorisent la prolifération tissulaire mammaire et exposeraient donc à un risque tumoral, tandis que la progestérone aurait un rôle protecteur.
Les facteurs exogènes : la prise de diéthylstilbestérol pendant la grossesse, la contraception hormonale et les traitements hormonaux substitutifs pour la ménopause (THSM) sont des facteurs de risque régulièrement placés sur le devant de la scène.
Il semble établi que la contraception orale par prise d’oestro-progestatifs ne constitue pas un facteur de risque. Toutefois, il existerait une très légère élévation du risque en cas de début très précoce de la contraception ou de traitement prolongé plus de 10 ans. Ces données restent très controversées.
Concernant le THSM, les résultats des études épidémiologiques disponibles sont contradictoires. La durée du THSM de plus 10 ans et l’existence de certains facteurs de risque associés (antécédents familiaux directs, mastopathie proliférante atypique) augmenteraient le risque relatif (RR) de cancer du sein.
La contraception et la substitution, s’ils sont sans doute sans influence sur l’apparition d’un cancer de novo, sont en revanche vraisemblablement aggravants dans l’évolution d’un cancer existant.
Les résultats de l’étude française E3N publiés en 2005 suggèrent que l’utilisation d’estrogènes en association avec des progestatifs de synthèse augmente le risque de cancer du sein, même pour des durées courtes d’utilisation. Il n’a pas été observé de sur-risque avec l’association d’estrogènes et de progestérone micronisée. Ce résultat est à confirmer pour des durées de traitement supérieures à 4 ans. Les résultats concernant les estrogènes seuls sont compatibles avec un sur-risque modéré ou inexistant, mais les effectifs faibles dans ce groupe ne permettent pas de conclure fermement.
En 2004, la Haute autorité de santé et l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé ont rédigé 12 messages clés sur le THSM.Haut de page
Le risque histologique :
Des lésions bénignes ou malignes du sein peuvent selon les formes histologique s’accompagner d’un risque accru de développer un cancer du sein. Les antécédents personnels de cancer peuvent aussi représenter un risque. Le risque relatif (RR) maximum est représenté par un antécédent personnel de cancer du sein (RR 7 à 12). Un antécédent de mastopathie de type hyperplasie épithéliale atypique représente un RR de 2 à 4.
Le risque nutritionnel :
Le mode de vie joue un rôle certain, mais ses éléments restent confus. Il semble probable que le métabolisme lipidique ait une grande importance, en particulier concernant la consommation de graisses animales. La consommation d’alcool aurait également un rôle néfaste. En revanche, rien n’indique une responsabilité du tabac.
Le risque radique :
L’exposition à des doses importantes et répétées de radiations ionisantes constitue une situation à RR égal à 3. En radiologie, la multiplication des radiographies pulmonaires, et surtout la scopie ou du scanner semble plus en cause que les mammographies qui ne délivrent pas de doses élevées.
| Groupe à haut risque RR > 4 | Groupe à risque modéré RR 2-4 | Groupe à risque faible RR 1-2 |
|---|---|---|
| antécédent personnel ou familial de mastopathie proliférative atypique | antécédent familial de cancer du sein unilatéral postménopausique | consommation d’alcool |
| antécédent personnel ou familial de cancer du sein | première grossesse tardive ou nulliparité | premières règles avant 12 ans |
| syndrome de prédisposition familiale au cancer du sein | obésité postménopausique | traitement substitutif hormonal |
| antécédent familial de cancer du sein bilatéral et/ou préménopausique | antécédent personnel de cancer de l’ovaire ou de l’endomètre | contraceptifs oraux |
| mastopathie proliférative bénigne | niveau socio-économique élevé | |
| antécédent d’irradiation | facteurs alimentaires |
